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Thème

Le PATRIMOINE CHRETIEN




L’héritage des bâtisseurs




IQu’on soit croyant ou non, il est difficile de rester insensible devant une cathédrale. Ces pierres levées vers le ciel, ces voûtes qui semblent défier la pesanteur, ces vitraux qui transforment la lumière en récit, tout cela est l’œuvre de mains humaines.

Michel-Ange allongé sous le plafond de la Sixtine, les architectes qui ont imaginé Notre-Dame de Paris, les artisans qui ont taillé chaque chapiteau, chaque gargouille, chaque clé de voûte : ils nous ont laissé quelque chose qui dépasse leur propre vie.
Notre-Dame n’a pas appartenu qu’aux fidèles. Elle a été un rendez-vous pour les amoureux, un refuge pour les perdus, un émerveillement pour les voyageurs venus de partout. Un lieu de partage, au sens le plus simple du terme.


Mais une question s’impose, presque naturellement : qu’est-ce qui portait ces hommes et ces femmes ? Qu’est-ce qui faisait lever Michel-Ange chaque matin pour retourner à son échafaudage ? Qu’est-ce qui soutenait les bâtisseurs de cathédrales, les peintres, les sculteurs, qui savaient ne jamais voir l’œuvre achevée ?
Ce qui fait courir un sportif jusqu’à l’épuisement. Ce qui fait se lever un photographe avant l’aube, dans le froid, pour attraper cette lumière-là, celle qui ne reviendra pas.
Quelle était leur lumière, à eux ?

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L’âme du sujet

Pourquoi revient-on dix fois au même endroit, par tous les temps, en attendant ce moment ?

Georges Fessy, photographe français spécialiste du patrimoine, appelle ça « l’accident de lumière« , cet instant fugace où un édifice révèle enfin sa vérité. Pour le trouver, il revient. Le lendemain, et encore après.


Tout photographe le sait : la photo parfaite existe d’abord dans la tête. Ce qu’on cherche, ce n’est pas un bel angle ou une belle lumière, c’est l’âme du sujet. Ce frémissement d’un chien en pleine course, l’eau qui l’entoure et complète son mouvement, cet instant de grâce qui ne se répètera jamais exactement. Quand on aime son sujet, la technique s’efface, elle n’est plus que le chemin vers quelque chose de plus grand.
C’est en cherchant cette âme qu’on la rend lisible pour l’autre.


Les bâtisseurs de cathédrales aussi avaient cette image dans la tête. Ils ne construisaient pas des murs, ils cherchaient à rendre visible quelque chose qu’ils portaient en eux, et qui les dépassait.
Ce quelque chose qui fait courir le sportif, qui fait veiller l’artiste, qui fait lever le photographe avant l’aube.
Vous savez comment vous l’appelez, vous ?